Cette video présente la conference donnée par le cabinet PWC sur les impacts potentiels de la crise sur les comptes de l'entreprise.link.
Interview de Daniel Kurkdjian Président du cabinet de Grant Thornton
La publication de la Sarbanes Oxley Act (SOX) en 2002 a également impactée l'audit, cette lois qui s'articule autour de trois grands
principes à savoir exactitude et l'accessibilité de l'information, la responsabilité des gestionnaire et l'indépendance des organismes de contrôle ;a pour objectif d'augmenter la
responsabilité de la société et de mieux protéger les investisseurs, ainsi que redonner confiance aux investisseurs et aux petits épargnants .Capital.fr : Le métier d’auditeur a-t-il le vent en poupe ?
Samuel Tamagnaud : Oui. Et pour une bonne raison. L’auditeur a pour mission principale de contrôler et de certifier les comptes des entreprises, grandes et petites. Une obligation pour elles. C’est donc un marché captif. L’activité dopée par l’application des nouvelles normes comptables IFRS, ne faiblit pas. Et la pression actuelle de l’opinion sur les sujets d’éthique pourrait encore l’accroître. Si les politiques décident d’édicter des règles d’attribution de bonus ou de stocks options en entreprise. L’auditeur serait alors l’homme idoine pour contrôler son application. Ni juge, ni partie. Aujourd’hui, les cabinets d’audit anglo-saxons, les « Big four », PWC, KPMG, Deloitte, Ernst &Young recrutent à eux seuls plus de 1000 auditeurs par an !
Capital.fr : Quels sont les profils recherchés ?
Samuel Tamagnaud : Les cabinets recrutent surtout des jeunes. Et j’observe qu’ils se tournent davantage vers les diplômés d’universités, titulaires de master 2 en finance ou
comptabilité. Avant, ils privilégiaient les grandes écoles de commerce, ou la crème des ingénieurs, X, Mines, Centrale, Ensam, Agro... Bref des têtes bien faites qui savent aussi manier les
chiffres. L’intérêt, c’est que leurs formations correspondent aux secteurs d’activité de leurs clients. Ainsi un agro peut travailler pour Danone, ou un gadz’art pour PSA. Un plus pour le
cabinet !
Capital.fr : En quoi consiste l’exercice de la fonction au quotidien ?
Samuel Tamagnaud : Le junior apprend d’abord à vérifier les comptes. Ce qu’on nomme l’audit légal. Il travaille sur divers cycles de l’entreprise. Celui des stocks. Il part faire
l’inventaire physique chez le client, comptant les pièces dans les entrepôts des usines, des magasins. Le cycle des fournisseurs. Il épluche les factures par méthode aléatoire, traquant le
possible détournement de fonds. Le cycle de la trésorerie. Il examine les comptes bancaires. Il peut intervenir aussi dans le cycle complexe des fusions acquisitions et part alors en équipe
commando chez la société proie. Parfois, il participe à des missions « en référé » à caractère d’urgence. Après 2 ou 3 ans, il aura acquis une véritable valeur ajoutée.
Capital.fr : La pression est-elle aussi forte qu’on le dit ?
Samuel Tamagnaud : Je dirais qu’il y a une vraie densité de travail. A 80% de son temps, l’auditeur n’est pas chez lui. Il travaille beaucoup dans le train et à l’hôtel. Il part quinze
jours en province, voire à l’étranger si nécessaire. Lorsqu’il s’agit de boucler les bilans financiers, la journée représente jusqu’à 15 heures de travail. Et il n’est pas rare d’avoir à
compter des colis sur des rayonnages le 31 décembre. Après 4 ou 5 ans de ce régime, ils saturent. Les cabinets cherchent d’ailleurs des moyens pour séduire et retenir les candidats en leur
offrant des services. Afin de leur faciliter la vie, ils montent par exemple des conciergeries internes.
Capital.fr : Quelles qualités faut-il avoir pour réussir ?
Samuel Tamagnaud : Etre prêt à s’investir, studieux, organisé et rigoureux. L’inconvénient : ce job ne laisse place à aucune créativité. On suit les procédures, on sort un rapport. On ne
vous demande pas votre avis, ce qui génère des frustrations. En outre, le junior ne consolide pas les comptes. Il n’a donc qu’une vue partielle du dossier.
Capital.fr : Quelles sont les évolutions possibles ?
Samuel Tamagnaud : Il y a six niveaux hiérarchiques dans les « Big four ». L’auditeur peut les grimper un à un. Il fera également du management d’équipe. Puis il peut ambitionner de
devenir « partner ». La fonction royale puisqu’on y certifie les comptes par sa seule signature. Le candidat devra alors décrocher le diplôme d’expert comptable (DEC), ce qui exige de réaliser
un mémoire conséquent, de passer un écrit puis un grand oral. Il peut aussi tenter l’aventure en entreprise, chez un ex-client. Trois types de poste sont possibles : audit en organisation,
audit financier, contrôle de gestion. Ce qui peut l’amener à occuper un fauteuil de directeur financier puis de DG. Seul bémol pour l’entourage : il manque parfois d’humilité et son agenda est
extrêmement chargé.
Propos recueillis par Marie-Madeleine Sève
Derniers Commentaires